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Les Jardins d'Hélios
Santé & bienfaits · 16 min · Mis à jour août 2026

Bienfaits de la pistache : le tri entre la science et la promesse

Cœur, glycémie, satiété, yeux et sommeil : ce que la science dit vraiment de la pistache. Un décryptage sourcé ANSES, USDA et PubMed, écrit depuis Pertuis, entre nos 600 pistachiers plantés en 2024-2025.

Pistaches vertes ouvertes, ancrage des bienfaits nutritionnels documentés par ANSES, USDA et PubMed
Glossaire rapide (ouvrir si besoin)
LDL
Le « mauvais » cholestérol, celui qu'on cherche à baisser.
HDL
Le « bon » cholestérol, celui qu'on veut préserver.
HbA1c
La glycémie moyenne des trois derniers mois. C'est le marqueur central du suivi du diabète.
PDCAAS
Score international mis au point par la FAO pour classer la qualité d'une protéine. La pistache y obtient un score exceptionnel pour une graine.
Index glycémique (IG)
Vitesse à laquelle un aliment fait monter le sucre dans le sang. Plus l'IG est bas, plus la montée est lente.
DMLA
Dégénérescence maculaire liée à l'âge, principale cause de perte de vision centrale après 60 ans.
Aflatoxine
Toxine produite par un champignon en cas de mauvais stockage. Strictement encadrée par le règlement européen.

Après l'amande, la pistache est le fruit à coque qui a mobilisé le plus de chercheurs. Environ 30 grammes par jour, soit une petite poignée, suffisent pour ressentir les effets documentés : cholestérol, glycémie, satiété (méta-analyse Del Gobbo 2016, voir Sources en bas d'article). Rien de magique. Juste un profil nutritionnel dense, singulier, patiemment décrypté par une trentaine d'années de recherche clinique.

Aux Jardins d'Hélios, nous avons planté 600 pistachiers à Pertuis entre 2024 et 2025. La première récolte est prévue pour 2028. En attendant, ce dossier trie ce que la science établit, et ce qu'elle laisse encore en suspens. Pour le contexte historique du fruit, notre dossier sur l'histoire de la pistache en Provence éclaire les quatre mille ans qui ont précédé la relance actuelle.


Que dit la science sur les bienfaits de la pistache ?

Les données cliniques les plus solides pointent trois effets : le LDL (le mauvais cholestérol) baisse de 4 à 9 %, la glycémie qui suit un repas se tient mieux, la satiété dure. Ces effets sont observés à des doses modestes, entre 28 et 42 grammes par jour, dans des essais contrôlés menés sur 4 à 24 semaines.

Attention, nuance : associer n'est pas guérir. Le fruit à coque n'est pas un médicament. Il s'insère dans une alimentation méditerranéenne, elle-même reconnue par l'étude PREDIMED (Estruch 2013) comme protectrice sur le plan cardiovasculaire.

Environ 30 grammes de pistaches par jour, soit une petite poignée : c'est la dose qui revient dans la plupart des études cliniques positives depuis quinze ans.

On se demande souvent d'où vient cet engouement scientifique. La réponse tient en une image. La pistache est le seul fruit à coque à réunir trois particularités : des protéines complètes, une teneur mesurable en lutéine et zéaxanthine (deux caroténoïdes protecteurs de la vue), et près de 200 microgrammes de mélatonine pour 30 grammes.


Que contient une pistache : le portrait nutritionnel complet

Pour 100 grammes de pistaches non salées, l'USDA FoodData Central (entrée 170184, mise à jour 2020) compte 560 kcal, 20 g de protéines, 45 g de lipides (dont 24 g de mono-insaturés) et 10 g de fibres. La table Ciqual de l'ANSES (2020) confirme ces ordres de grandeur pour le marché français.

Une portion réaliste, c'est 30 grammes. Pas 100. Autrement dit, une petite poignée : environ 49 pistaches décortiquées. Cette portion apporte 168 kilocalories, 6 grammes de protéines, 3 grammes de fibres et un peu plus de 300 milligrammes de potassium.

Une table de nutrition qui parle vite

Nutriment (pour 30 g)QuantitéSource
Énergie168 kcalUSDA 170184 (2020)
Protéines6 gUSDA 170184 (2020)
Lipides totaux13,5 gCiqual ANSES (2020)
Dont mono-insaturés7 gUSDA 170184 (2020)
Glucides8 gCiqual ANSES (2020)
Fibres3 gCiqual ANSES (2020)
Potassium310 mgUSDA 170184 (2020)
Magnésium36 mgUSDA 170184 (2020)
Vitamine B60,5 mgCiqual ANSES (2020)
Vitamine E (γ-tocophérol)7 mgUSDA 170184 (2020)
Lutéine + zéaxanthine400 µgUSDA 170184 (2020)

Le détail qui change tout : les protéines complètes

La pistache est l'un des rares fruits à coque à contenir les neuf acides aminés essentiels en proportions équilibrées. Une étude de David Baer (USDA, 2020) a même classé la pistache torréfiée comme source de protéines complètes selon les critères PDCAAS (score international de qualité des protéines mis au point par la FAO). Une distinction que ni la noix, ni la noisette, ni l'amande n'obtiennent aussi nettement.

C'est là que ça devient intéressant. Pour un régime végétarien, 30 grammes de pistaches complètent utilement un repas de légumineuses ou de céréales.


Cœur et cholestérol : pourquoi la pistache pèse dans la balance lipidique

Manger 30 à 60 grammes de pistaches par jour fait baisser le LDL de 4 à 9 % et améliore le ratio LDL/HDL, sans toucher au HDL (le bon cholestérol). La méta-analyse Del Gobbo 2016 documente cet effet sur 25 essais contrôlés randomisés.

Les mécanismes possibles combinent trois familles de composés : les gras mono-insaturés (l'acide oléique), les fibres solubles (qui piègent le cholestérol dans l'intestin) et les phytostérols. La pistache contient environ 214 milligrammes de phytostérols pour 100 grammes, l'un des taux les plus élevés parmi les fruits à coque.

Une baisse de 5 % du LDL correspond, dans les modèles épidémiologiques, à une réduction du risque coronarien de 5 à 10 % à dix ans. Modeste, mais cumulé sur une vie, non négligeable.

Emilio Ros dirige le service de lipides de l'Hôpital Clinic de Barcelone. Depuis 2010, il martèle un point : les fruits à coque n'agissent pas par un composé isolé, mais par une matrice. Autrement dit, la façon dont le gras, les fibres et les protéines sont emballés dans la cellule végétale. Manger 30 grammes de pistaches n'équivaut pas à avaler 30 grammes d'huile de pistache.

Contre-intuitif ? Oui. C'est pourtant l'un des enseignements les plus solides de la nutrition depuis vingt ans.

Ce que dit PREDIMED sur les fruits à coque

L'étude espagnole PREDIMED (Estruch et al., NEJM 2013, réanalyse 2018) a suivi 7 447 personnes à haut risque cardiovasculaire pendant près de cinq ans. Le groupe qui recevait 30 grammes de fruits à coque par jour, en mélange (noix, noisettes, amandes), a vu son risque cardiovasculaire baisser de 28 % face au régime pauvre en graisses. La pistache ne figurait pas dans le mix officiel, mais Penny Kris-Etherton (Penn State University) estime qu'elle partage la même famille de mécanismes.


Diabète et glycémie : le fruit à coque qui étonne les cliniciens

Les études préliminaires suggèrent qu'une portion de 20 à 50 grammes de pistaches en accompagnement d'un repas est associée à une glycémie post-repas plus basse et à une meilleure sensibilité à l'insuline chez les personnes en pré-diabète. L'index glycémique (IG) de la pistache tourne autour de 15, l'un des plus bas du règne végétal.

Une étude iranienne de Parham (2014) menée sur 60 patients diabétiques de type 2 a observé, après douze semaines de consommation de 50 grammes de pistaches par jour, une baisse moyenne de la HbA1c (la glycémie moyenne des trois derniers mois) de 0,4 point. C'est un effet modeste mais reproductible.

Ajoutez une petite poignée de pistaches à un plat riche en glucides (riz, purée, pâtes). Le pic de glycémie qui suit le repas s'abaisse. Les fibres et les protéines ralentissent l'absorption des sucres.

Ces résultats restent à confirmer sur des cohortes plus larges. Nuance obligatoire : la pistache ne remplace aucun traitement antidiabétique.


Satiété et poids : le paradoxe de la pistache décortiquée

Les études cliniques observent le même schéma : 30 grammes de pistaches avant un repas, et l'apport calorique du repas suivant baisse spontanément de 60 à 120 kcal. Sans rattrapage plus tard dans la journée. Le paradoxe, c'est que ce fruit à coque « gras » aide à mieux gérer le poids.

Trois mécanismes possibles se combinent :

  • La densité en protéines et en fibres ralentit la vidange gastrique et prolonge la satiété.
  • Une part des lipides passe sans être absorbée. Baer 2012 l'a chiffré : 5 à 20 % des calories affichées sur l'étiquette échappent à l'organisme.
  • L'action de décortiquer soi-même les pistaches ralentit le rythme de consommation. On l'appelle en anglais le pistachio principle : voir la pile de coques vides sur la table freine la main.
Une méta-analyse Guarneiri 2021 conclut que la consommation régulière de pistaches n'entraîne pas de prise de poids chez l'adulte en bonne santé, à l'inverse de ce que la teneur calorique laisse penser.

Aux Jardins d'Hélios, nous préférons les pistaches en coque, non émondées. Pas par folklore. Parce que mécaniquement, ça freine la main et ralentit le repas.


Cerveau, humeur, sommeil : la mélatonine cachée dans l'amande

Trente grammes de pistaches apportent environ 200 microgrammes de mélatonine. C'est l'une des concentrations les plus élevées mesurées dans l'alimentation courante. La mélatonine se trouve dans la partie comestible, l'amande, et non dans la coque.

La mélatonine est l'hormone qui régule le rythme veille-sommeil. Les études cliniques sur d'autres aliments naturellement riches en mélatonine (comme le jus de cerise Montmorency) suggèrent un effet modeste sur la qualité subjective du sommeil chez l'adulte. Pour la pistache, les études cliniques dédiées manquent encore. La concentration est prometteuse. Nous n'avons pas, à ce jour, de preuve directe d'un effet sédatif chez l'humain.

Manger 30 grammes de pistaches en fin d'après-midi combine trois signaux favorables au sommeil : mélatonine, magnésium, vitamine B6. Un rituel simple, sans promesse.

On se demande souvent si les pistaches grillées perdent leur mélatonine. Une torréfaction douce (150 °C, 15 minutes environ) préserve la majeure partie de la molécule. La torréfaction industrielle très poussée, elle, la dégrade davantage.


Yeux et vision : lutéine et zéaxanthine, les caroténoïdes discrets

La pistache est l'une des rares graines oléagineuses à contenir des quantités mesurables de lutéine et de zéaxanthine. Ces deux caroténoïdes se concentrent dans la macula, au fond de l'œil. Une portion de 30 grammes apporte environ 400 microgrammes de ces deux composés (USDA 2020).

L'étude AREDS2 du National Eye Institute (Chew 2013) a établi qu'une supplémentation quotidienne en 10 mg de lutéine et 2 mg de zéaxanthine ralentit la progression de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) chez les patients à risque. Ces doses dépassent largement ce qu'apportent 30 grammes de pistaches. Reste que l'alimentation quotidienne nourrit la couche protectrice du pigment maculaire année après année.

La couleur verte de la pistache vient surtout de la chlorophylle résiduelle. Elle est accompagnée, dans l'amande, de lutéine et de zéaxanthine, deux pigments jaunes protecteurs de la vue. Plus la graine est vert intense, plus elle en contient.

Pour préserver au maximum les pigments, notre recette de pesto de pistaches évite la cuisson : la couleur verte reste intacte, les caroténoïdes aussi.


Sportifs et récupération : protéines complètes et magnésium

Les données récentes pointent la pistache comme alliée de la récupération musculaire chez les sportifs d'endurance. Son profil combine ce que peu d'aliments réunissent : protéines complètes, potassium, magnésium, polyphénols anti-inflammatoires. Une portion de 30 grammes apporte 6 grammes de protéines complètes, plus les électrolytes.

Une étude d'Aksoy (Turquie, 2019) menée sur des cyclistes a comparé une collation de 30 grammes de pistaches à un placebo iso-calorique. Les marqueurs d'inflammation musculaire (créatine kinase) étaient significativement plus bas dans le groupe pistache 24 heures après l'effort. Les données restent limitées à des cohortes petites (n < 50).

Pour un coureur, 30 grammes de pistaches deux heures avant l'effort livrent glucides lents, protéines et 36 milligrammes de magnésium, soit environ 10 % de l'apport quotidien recommandé pour un adulte.

Combien de pistaches par jour, à quel moment, sous quelle forme ?

La dose consensuelle dans les études cliniques est de 28 à 42 grammes de pistaches par jour, soit une à une petite poignée et demie. En France, l'ANSES (avis 2019 sur les fruits à coque) recommande une portion de 30 grammes plusieurs fois par semaine, dans le cadre d'une alimentation variée.

Trois recommandations pratiques :

  • Préférer les pistaches en coque, non salées. Le sel ajouté fait vite déborder l'apport quotidien recommandé, fixé à 5 grammes par l'Organisation mondiale de la santé. Les pistaches salées commerciales apportent 400 à 600 mg de sodium pour 30 grammes, huit fois plus que la version nature.
  • Distribuer sur la journée plutôt qu'engloutir 100 grammes devant un film. La satiété fonctionne mieux à petites doses répétées.
  • Manger avec un repas glucidique si on cherche l'effet sur la glycémie. Consommer avant l'exercice si on cherche l'effet énergétique.
Une portion de 30 grammes, c'est environ 49 pistaches décortiquées. Pas 200. Pas 10.

Tableau : les formes de pistache et leurs particularités

FormeCe qu'on gardeCe qu'on perdUsage recommandé
En coque, natureTout (mélatonine, vitamines, lutéine)RienCollation, satiété
Décortiquée naturePresque toutLéger risque d'oxydationCuisine, pesto
Torréfiée douce (< 150 °C)90 % des micronutrimentsUn peu de vitamine B6Salades, pâtisserie
Salée industrielleNutriments préservésExcès de sodiumÀ éviter en quotidien
Émondée (sans peau)Nutriments oléagineuxUne part des polyphénols de la peauPâtisserie fine
Farine ou beurreProtéines et lipidesUne part des fibresPain, biscuits, tartinable

Grossesse, enfants, allergie : les nuances à connaître

Chez la femme enceinte, les pistaches non salées sont une source utile de folates, de vitamine B6 et de magnésium, trois nutriments souvent recherchés durant les neuf mois. Une portion de 30 grammes par jour est compatible avec les recommandations de l'ANSES. Le risque d'aflatoxine (une mycotoxine produite par un champignon lors de mauvaises conditions de stockage) reste marginal en Europe grâce au règlement CE 1881/2006.

Chez l'enfant à partir de 3 ans, la pistache décortiquée peut être proposée en petits morceaux ou en poudre. Jamais entière avant 4 ans, pour éviter le risque d'inhalation. La HAS (Haute Autorité de santé) recommande d'introduire les fruits à coque tôt, entre 6 et 12 mois sous forme de poudre fine, pour réduire le risque d'allergie ultérieure.

L'allergie à la pistache concerne environ 0,3 % de la population française selon la Société française d'allergologie (2020). Elle est croisée avec la noix de cajou dans 80 % des cas.

Attention, nuance : en cas d'allergie connue à la noix de cajou ou à la mangue, un test de dépistage est indispensable avant toute introduction.


Pistache française vs pistache importée : la question du terroir

La France importe entre 10 000 et 15 000 tonnes de pistaches par an, principalement d'Iran, de Californie, d'Espagne et de Tunisie. La production française reste marginale : quelques centaines d'hectares plantés depuis 2018 sous l'impulsion de l'association Pistache en Provence et du syndicat France Pistache.

Le profil nutritionnel de base ne dépend pas fondamentalement du pays d'origine. Les variétés jouent : la Kerman californienne, la Bronte sicilienne AOP, l'Antep turque, l'Egina grecque ont chacune leur signature de goût, mais toutes appartiennent à Pistacia vera. En revanche, les modes de culture (bio ou conventionnel, irrigation, chaîne du froid) influencent la teneur en polyphénols et la fraîcheur des lipides.

Une pistache locale, récoltée depuis moins de six mois, présente une meilleure préservation de la vitamine E et un profil aromatique plus vif. Les études sensorielles françaises (INRAE 2021) confirment ce point.

À Pertuis, notre choix s'est porté sur trois variétés femelles : Egina (Grèce), Larnaka (Chypre) et Sirora (Australie). Pour les polliniser, quatre mâles : Egino, Peters, Randy et C-Spécial. Ce panachage vise trois profils gustatifs et une pollinisation étalée d'avril à mai. Nos choix variétaux sont détaillés dans un article associé.


Aux Jardins d'Hélios : nos pistachiers bio à Pertuis

Nous avons planté 600 pistachiers entre 2024 et 2025, sur deux parcelles à Pertuis, dans le Vaucluse. L'une porte encore les vestiges d'un ancien moulin dont nous cherchons à retracer précisément l'histoire, sans doute liée à l'abbaye de Montmajour. Une mémoire agricole que nous accompagnons à notre tour, comme le raconte notre dossier sur l'histoire de la pistache en Provence.

Le domaine est certifié Ecocert (agriculture biologique). Nos porte-greffes sont des térébinthes (Pistacia terebinthus), l'espèce locale traditionnelle de Provence, adaptée aux sols calcaires drainants et à la sécheresse estivale. La méthode d'implantation au GPS puis au cordeau et le choix de la tarière pour creuser les 600 trous sont documentés dans notre journal de plantation.

La première récolte est prévue pour 2028. Le pistachier impose son tempo : sept à dix ans entre la plantation et la production significative. Nous acceptons cette patience. Elle fait partie de l'arbre.

Nos pistaches ne seront pas les plus précoces, ni les plus productives. Elles seront cultivées à Pertuis, en bio, sur des terres qui portaient déjà des térébinthes sauvages avant nous.

En attendant, ce guide sert celles et ceux qui cherchent à intégrer la pistache dans leur alimentation quotidienne. Ni plus, ni moins que ce que la science établit. Pour suivre la vie du domaine au fil des saisons, notre journal rassemble anecdotes techniques et récits de plantation. Pour toute question sur nos parcelles ou nos variétés, écrivez-nous.

Questions fréquentes

Combien de pistaches faut-il manger par jour pour en tirer les bienfaits ?

La dose consensuelle dans les études cliniques est de 28 à 42 grammes par jour, soit une petite poignée à une petite poignée et demie, environ 49 pistaches décortiquées. L'ANSES recommande une portion de 30 grammes plusieurs fois par semaine, dans le cadre d'une alimentation variée. Préférer les pistaches en coque, non salées.

La pistache fait-elle baisser le cholestérol ?

Manger 30 à 60 grammes de pistaches par jour fait baisser le LDL (le mauvais cholestérol) de 4 à 9 %, sans toucher au HDL (le bon cholestérol). La méta-analyse Del Gobbo 2016 (*American Journal of Clinical Nutrition*, PMID 26708834) documente cet effet sur 25 essais contrôlés. La pistache ne remplace aucun traitement.

La pistache est-elle bonne pour les diabétiques ?

Ajouter 20 à 50 grammes de pistaches à un repas glucidique fait baisser le pic de glycémie post-repas et améliore la sensibilité à l'insuline. L'étude Parham 2014 (PMID 24629192) a mesuré chez des diabétiques de type 2 une HbA1c en baisse de 0,4 point après 12 semaines. La pistache ne remplace jamais un traitement antidiabétique.

Manger des pistaches fait-il grossir ?

Manger 30 grammes de pistaches par jour ne fait pas grossir chez l'adulte en bonne santé, à l'inverse de ce que la teneur calorique laisse penser (méta-analyse Guarneiri 2021, PMID 33025002). Trois raisons : la satiété prolongée, une part des lipides non absorbée, et l'effet mécanique du décorticage qui ralentit le rythme.

Les pistaches aident-elles à mieux dormir ?

Une portion de 30 grammes de pistaches apporte environ 200 microgrammes de mélatonine, l'hormone qui régule le rythme veille-sommeil. C'est l'une des concentrations les plus élevées mesurées dans l'alimentation courante. Les études cliniques dédiées manquent encore chez l'humain, mais la teneur combinée à celle de magnésium et de vitamine B6 en fait un rituel de soirée plausible.

Quelle est la valeur nutritionnelle de 100 g de pistaches ?

Selon l'USDA FoodData Central (entrée 170184, 2020), 100 g de pistaches nature apportent 560 kcal, 20 g de protéines complètes, 45 g de lipides dont 24 g de mono-insaturés, 28 g de glucides et 10 g de fibres. Une portion réaliste est de 30 g, soit 168 kcal.

La pistache est-elle riche en protéines ?

Oui, et surtout, elle contient les neuf acides aminés essentiels en proportions équilibrées, ce qui la classe comme source de protéines complètes selon les critères PDCAAS, le score international de qualité des protéines mis au point par la FAO (Baer USDA 2020, PMID 32211797). Une distinction rare parmi les fruits à coque. Une portion de 30 grammes apporte 6 grammes de protéines.

Les pistaches sont-elles bonnes pour la vue ?

La pistache est l'une des rares graines oléagineuses à contenir des quantités mesurables de lutéine et de zéaxanthine, deux caroténoïdes qui protègent la macula. Une portion de 30 grammes apporte environ 400 microgrammes de ces pigments. Une consommation régulière est associée à une meilleure densité du pigment maculaire (Kris-Etherton 2016, PMID 27510536).

La pistache convient-elle aux femmes enceintes ?

Oui, les pistaches non salées sont une source utile de folates, vitamine B6 et magnésium, trois nutriments recherchés durant la grossesse. Une portion de 30 grammes par jour est compatible avec les recommandations de l'ANSES. Le risque d'aflatoxine reste marginal en Europe grâce au règlement CE 1881/2006 qui encadre strictement les seuils.

À partir de quel âge un enfant peut-il manger des pistaches ?

La HAS recommande d'introduire les fruits à coque tôt, entre 6 et 12 mois sous forme de poudre fine, pour réduire le risque d'allergie ultérieure. La pistache entière est à proscrire avant 4 ans en raison du risque d'inhalation. À partir de 3 ans, elle peut être proposée en petits morceaux ou décortiquée.

L'allergie à la pistache est-elle fréquente ?

L'allergie à la pistache concerne environ 0,3 % de la population française selon la Société française d'allergologie (2020). Elle est croisée avec la noix de cajou dans 80 % des cas. En cas d'allergie connue à la noix de cajou ou à la mangue, un test allergologique est indispensable avant toute introduction.

Pistaches salées ou pistaches nature : quelle différence ?

Les pistaches salées industrielles apportent 400 à 600 mg de sodium pour 30 grammes, soit jusqu'à huit fois plus que la version nature. Sur une consommation quotidienne, cela fait vite exploser l'apport de sel recommandé par l'Organisation mondiale de la santé (5 g par jour). Préférer les pistaches nature en coque pour un usage régulier.

La pistache française, ça existe ?

Oui, mais elle reste marginale. Depuis 2018, l'association Pistache en Provence et le syndicat France Pistache portent une relance de la filière. Quelques centaines d'hectares ont été plantés en Provence, principalement autour de Pertuis, La Bastidonne, Manosque et le Luberon. Aux Jardins d'Hélios, nous avons planté 600 pistachiers en 2024-2025. Première récolte prévue en 2028.

Sources

Références utilisées pour cet article. Toutes vérifiables.

  1. ANSES, Ciqual. Table de composition nutritionnelle des aliments (mise à jour 2020)
  2. ANSES. Avis relatif à l'actualisation des repères alimentaires du PNNS (2019)
  3. USDA FoodData Central, entrée 170184. Nuts, pistachio nuts, raw (2020)
  4. Del Gobbo LC et al. Effects of tree nuts on blood lipids, apolipoproteins, and blood pressure. American Journal of Clinical Nutrition, 2016(PMID 26708834)
  5. Estruch R et al. Primary prevention of cardiovascular disease with a Mediterranean diet (PREDIMED). New England Journal of Medicine, 2013(PMID 23432189)
  6. Baer D et al. Pistachios as a complete protein source. USDA, 2020(PMID 32211797)
  7. Parham et al. Effet des pistaches sur l'HbA1c des diabétiques de type 2. 2014(PMID 24629192)
  8. Guarneiri LL et al. Pistachios and body weight. Advances in Nutrition, 2021(PMID 33025002)
  9. Chew EY et al. AREDS2 étude sur la lutéine, la zéaxanthine et la DMLA. NIH, 2013(PMID 23644932)
  10. Kris-Etherton PM et al. Pistachios et pigment maculaire. 2016(PMID 27510536)
  11. American Pistachios Growers. Fiche nutrition détaillée
  12. EFSA. Scientific opinion on the substantiation of health claims related to tree nuts